They sat together in the park

They sat together in the park

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 10:55

Its no matter if youre born To play the king or pawn For the line is thinly drawn tween joy and sorrow...

Its no matter if youre born To play the king or pawn For the line is thinly drawn tween joy and sorrow...
Lâcheté de la fuite, lâcheté de la vengeance. Engeance d'ectoplasmes livides. Parfois c'est épidermique. Porc-épic .

Ils ont des idéaux flous et mornes comme leur vies, ou bien des rêves morts-nés qui les coupent du monde comme une Sucht mortelle. Pire encore; ils ne rêvent de rien. Ou de rien d'impalpable. Les rêves ont subi une transition ; ils se sont déplacés des idées et des brumes dorées vers l'image.
Vos yeux sont ensorcelés par cette jolie demoiselle aux yeux clairs, la tête délicatement tournée vers le ciel, dans ce bus bruyant. Elle est auréolée de grâce comme une pierre précieuse tombée dans la boue. Et pourtant, ses yeux brillent parce qu'elle rêve de sa nouvelle acquisition; une paire de chaussures ou un nouvel amoureux qui rempli les critères requis: grand, blond, élégant, poli, les dents blanches et aiguisées.
Ceux-là ne sont peut-être pas les pires; du moins ne prétendent ils à rien, et sil leur vie étroite leur convient , peut m'importe. Ils s'admirent entre eux, ont leurs propres héros, ils se comprennent dans leurs idéaux.

Mais il y a ces autres, que je rencontre un peu moins souvent, qui se veulent comme de grands arbres aux veines de feu. Les yeux pétillent, mais dans leur soif de connaissance, je lis la soif de reconnaissance. L'intérêt les serre à la gorge et module leurs propos.

Et moi, entre les faibles crétins et les malins imposteurs, je suis la médiocre. Même Lui ne dit pas le contraire. Cette médiocrité ne se situe pas dans la tempérance, mais dans le regard impuissant. La faiblesse éclairée. L'inutile absolue.

Il ne dira pas le contraire , parce qu'il sait bien trop comme je suis lucide parfois. C'est pour ça que ça fait mal. L'autre n'avait pas supporté que je lui montre son inconsistance blafarde. Certains n'aiment pas mes yeux absents et ce pli amer à ma bouche alors qu'ils plaisantent. Je ne fais pas exprès, je ne juge personne, je sens juste un rayon glacial qui sonde ma cage thoracique.

De toute façon, je n'embête personne bien longtemps. Je passe juste comme un petit souffle froid.

# Posté le dimanche 07 juin 2009 11:54

Modifié le mardi 09 juin 2009 05:02

Lettre ouverte

Lettre ouverte
Marraine

Je vais bien, je passe mes concours en ce moment, pour aller en deuxième année. Parce que cette année j'étais en prépa. C'était dur, j'ai eu des moments terribles, une envie de tout arrêter, des amis qui sont morts, des amours décomposés, des parents acides. Et j'ai eu des moments sublimes, des perles, des jours comme des gouttes de rosée, frais, doux, fragiles, des réussites, des espoirs, des éclats de rire.

Je te dis ça parce qu'il me semble que tu n'en sais rien. Il me semble, mais reprend moi si je me trompe, que tu as oublié que j'existais. J'ai compris, quand à force de demander à maman : " Comment va Annie? Et est-ce que tu lui as dit que j'avais fait telle ou telle chose? " , à force de la voir prendre un sourire triste et fatigué, de l'entendre me dire qu'elle n'en sait rien, que tu ne lui parles plus , ou seulement pour lui parler de toi, j'ai compris que jamais jamais tu n'avais manifesté le moindre intérêt quant à ma vie.

Je me fiche pas mal de tout ce qui a pu se passer dans votre cour de récré; ce qui compte, c'est que tu étais ma marraine, moi ta filleule, qu'on était un peu grâce à ça de la même famille, que tu m'emmenais au cinéma et au restaurant, que je suis venue au mariage de ta fille, toi à chacun de mes anniversaires jusqu'à mes dix sept ans, que je suis allée un nombre incalculable de fois chez toi contempler ta collection de chouettes ou me faire sauter dessus par whisky. Je me rappelle aussi que maman était ta meilleure amie; je me souviens aussi que papa et maman ont été les premiers là quand il y a eu ce problème avec Jean Claude. Ils n'ont jamais été amis avec toi par intérêt, eux.

Je n'ai pas à juger ce que tu fais dans ta vie professionnelle, mais je ne peux m'empêcher de t'en vouloir pour ce que tu fais à maman. Ce qui nous arrive à nous t'es bien égal, tu ne t'es jamais demandé si quelqu'un d'autre que toi sur terre pouvait avoir des problèmes.

Je ne te parle même pas de tout ce que vos petites histoires m'inspirent, c'est affligeant. Voir des adultes se comporter de façon aussi stupide et égoïste ça me sidère, vraiment. Vous êtes complètement omnibulées par vos histoires de gamines , vos conspirations, et vous-même.
Pendant ce temps , la vie continue de se dérouler, sans vous, dans toute son horreur de guerres - réelles- de misère et de famine. Je pense aussi à tous ces moments de bonheur que vous ne connaîtrez jamais: méditer un instant sur un banc, savourer un rayon de soleil ou un découvrir un livre ou un film qui bouleverse la vie. S'enrichir tous les jours, apprendre à peindre ou à jouer de la musique... Le petit prince disait : " si j'avais un peu de temps, je crois que je marcherais tout doucement vers une rivière..."
Quand je vois ou plutôt quand j'entends à quoi vous passez votre temps, et ce qui occupe vos pensées, j'ai envie de pleurer et de rire à la fois. C'est ridicule et triste.

Je suis triste pour toi , parce que je t'aimais vraiment. Je ne sais pas si j'ai envie de te revoir un jour. Tu n'as pas simplement fait du mal, par ton indifférence, à la petite Marie que j'étais, mais également à la jeune fille déçue par toute la médiocrité de celle qu'elle croyait grande. Il y a aussi la souffrance que tu infliges à maman. Ne cherche pas à imposer à tout le monde la vision basse que tu as de ta propre existence. Il y a des gens qui attendent autre chose de leur travail et de leurs amis.

Je sais que je suis inexistante pour toi, et que d'ailleurs tu n'iras jamais sur mon blog et que tu ne liras jamais cette lettre. Peu importe, je ne pense pas que tu aurais pris la peine de me répondre.

En espérant avoir pu te toucher un peu et que tu te sois rappelé quelques bons moments, ( qui pour moi l'étaient)

Marie

# Posté le mardi 12 mai 2009 08:02

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 12:04

Amantium irae amoris integratio.

Amantium irae amoris integratio.
Ce qui m'étonne c'est que cela ne nous arrive jamais. Ou alors seulement pour rire. Quand les paroles sont vives et sèches le sourire les accompagne. Moqueur ou bienveillant. Comme mon Marie-âme. Si l'on peut dire que je suis un concept.

Mais nous parlons moins et nous communions plus. Cela me plaît. J'ai parfois le sentiment que la discussion est étourdissement des sens, affolement des idées, atemporalité. Alors il est doux de se replacer dans la jouissance pure de l'instant présent. Tout simplement le délice de la rencontre des lèvres, des mains. Ou des yeux. Tout simplement aimer que l'autre soit là. L'aimer.

Tu n'arrives pas à comprendre que je n'attends pas la perfection. Mais la quête vers l'absolu. Et que pour le moment, je veux juste t'apprivoiser. C'est une étape vers la quête. Je ne suis pas pressée.
J'accepte calmement tes bizarreries et ton mutisme anxieux. Tu ne connais pas encore ma force, non, pas encore...La différence entre toi et moi , c'est que mes bizarreries sont cachées. Mais je suis bien pire, oh bien pire, et j'ai les yeux de ceux qui peuvent comprendre et accepter.

-Ce qui sera triste c'est quand tu seras habitué.
-Cela fait un mois que tu dis cela.

Est-il possible de s'aimer autant? (non.)

L'amante ni torturante ni torturée. L'amante.
( était-ce bien cela? Et le rêve fraîchit. )

Babelidobibous.

Chère âme qui n'aimerait pas toutes ces hautes considérations sur l'âme et le corps. ( Cela me fait rire je te rassure, je ne suis pas corrompue, bien que je respecte infiniment la philosophie. ) Rire ou briser mon stylo en deux.
On voit bien quels sont ceux qui peuvent tranquillement débattre du statut de l'âme assis confortablement sur leur chaise. Moi je ne pense qu'à toi à ce moment là. Je crois qu'il y a des instants où toute la raison la plus savante est incapable d'égaler ne serait-ce qu'une parcelle de lucidité et de fusion avec le monde que je suis capable d'éprouver. Toi aussi tu comprends cela. Tu rirais si tu les voyais tous. Hocher de la tête avec componction. Sourire d'un air fat. Se croire...détenteurs d'un savoir parce qu'ils savent aligner trois syllogismes. Nous sommes tous capables de le faire. Parfois cela ne m'intéresse pas. C'est comme jouer aux sophistes. Faire des équations.
Je pense que nous sommes capables de sentir quelque chose d' absolument différent.
Je réalise avec effarement que les gens ne voient pas cela. Quelqu'un à part toi peut il comprendre ? Je me demande si j'ai choisi la bonne voie.

J'aime penser que tu me voies. Tu rirais de me voir heureuse avec lui. Aimer comme je respire. De me voir parler des heures avec mes amis. De me voir regarder la vie avec ce petit sourire moqueur. Et savoir que je perpétue le mystère que tu m'as enseigné. Tu me dirais: garde précieusement toutes ces choses là.



# Posté le mercredi 06 mai 2009 13:16

Modifié le jeudi 07 mai 2009 11:11